Nous joindre
Plan du site

Biographie : Denis Granger (113e)

Voici quelques textes d'un confrère, d'un collègue, d'anciens élèves et d'amis
qui présentent le prêtre, l'éducateur et l'homme qu'était Denis Granger.

Extraits du Bulletin des anciens et des anciennes du Collège de l'Assomption
de décembre 1992, vol. 34, no 1, pages 14 à 17.

Denis Granger, le prêtre
par Gaston Corriveau, prêtre

Denis a vécu son sacerdoce principalement au Collège de l'Assomption. Les postes qu'il a occupés ont pu sembler à certains, quelque peu éloignés du rôle d'un prêtre. Or c'est précisément à cause de sa conscience de prêtre qu'il a si bien réussi dans tout ce qu'on lui avait confié et les projets qu'il avait entrepris. C'est que pour lui les jeunes qu'il dirigeait et les adultes qu'il côtoyait étaient des âmes qu'il portait dans son coeur de prêtre. Tous le voyaient comme tel et l'en admiraient.

Ses amis étaient sensibles à sa fidélité, charmés par sa bonhomie, et conquis par sa joie de vivre: autant d'autres traits tirés de sa vocation de prêtre.

Avec quel intérêt nous parlait-il de son ministère dominical, bien convaincu dans son "sens" de l'Église, que celle-ci était toujoiurs là bien stable, pour annoncer la Bonne Nouvelle à un monde bouleversé, mettant à l'épreuve le pouvoir d'adaptation.

Il aimait bien prier avec ses confrères: aussi il ne manquait jamais une occasion de participer à des cérémonies liturgiques où plusieurs étaient rassemblés.

Au Collège même, il avait fondé, avec un confrère, la "ligue orante" c'est-à-dire le moment pour les prêtres qui le pouvaient, de réciter les vêpres ensemble, tous les jeudis.

Parmi tous les souvenirs qu'il a laissés, celui qui prime c'est l'image d'un prêtre heureux: cela suppose un homme de foi et de prière. Tel était notre ami Denis.

L'éducateur, le grand frère, le prêtre, l'ami
par Jean-Pierre Messier, prêtre (130e cours)

En avril dernier, l'abbé Denis Granger nous quittait pour un monde meilleur après une brève maladie qui l'emporta sans bruit comme il avait vécu.

Au Collège, Denis était toujoiurs là où un projet d'envergure s'annonçait. Merci, Denis, pour le premier conseil étudiant que tu nous as aidé à mettre sur pied par des réflexions, des comités, des orientations sur l'éducation et l'importance des adolescents et adolescentes que nous étions et auxquels tu faisais confiance.

Merci, Denis, pour le Camp l'Assomption où plusieurs d'entre nous ont pu grandir dans la nature, travailler en équipe et vivre tant de bons moments à fraterniser dans la joie. Merci, Denis, pour les heures passées à penser et à réaliser des transformations de locaux et des aménagements qui ont su rendre le Collège constamment adapté aux nouveaux besoins des étudiants et des étudiantes.

Merci, Denis, pour ton audace d'avoir quitté le Collège après tant d'années pour vivre un nouveau défi en paroisse comme curé. Tu sais, en peu de temps, là aussi tu t'es fait aimer.

Merci, Denis, pour ton exemple de prêtre convaincu qui ne s'imposait pas. Tu as su vivre ce que tu croyais. Tu nous as quittés pour un monde meilleur à la table du Père que tu nous as si souvent communiqué silencieusement au long de nos rencontres avec toi. Nous sommes sûrs que tu as une bonne place. Au revoir, nous t'aimons.

Extrait de l'homélie des funérailles du 3 avril 1992
par Mgr Gilles Lapointe, recteur du Collège de l'Assomption (113e cours)

Mon cher Denis, tout ce monde, toute cette foule aujourd'hui dans ton église remplie, c'est pour toi.

Apparemment, il ne reste de toi que ta dépouille mortelle, ton corps revêtu des habits de la prêtrise, et nous l'honorons avec respect. Mais de manière différente et mystérieuse, tu es là, Denis, et c'rst toi qui nous réunis encore une fois. Si souvent tu as rassemblé les gens: c'était ton charisme, ton talent particulier, une sorte de grâce d'état que Dieu t'avait donnée... Rassembler, regrouper, mettre ensemble du monde pour agir, bâtir, réaliser ensemble des projets valorisants, pour prier et réfléchir, ou plus simplement pour se recréer, se divertir, pour faire jaillir la joie et le bonheur de retrouvailles de toutes sortes.

Depuis plus de sept ans tu étais le pasteur d'une ;portion précise du peuple de Dieu, le curé de la paroisse Saint-Arsène, et elles sont nom breuses aujourd'hui les personnes de cette communauté paroissiale qui peuvent témoigner que tu as été un bon curé. Un bon curé, comme tu avais été auparavant, au Collège de l'Assomption, et cela pendant 27 ans, un bon éducateur et un extraordinaire rassembleur.

Comme élève, au Collège, il était toujours prêt à rendere service aux membres de notre classe et dans toutes sortes d'activités. Il fut un confrère estimé que nous avons élu vice-président de notre promotion, le 113e cours. Et c'est grâce à lui que par la suite, nous avons pu, avec grande joie, nous rencontrer de nouveau. De nis, le rassembleur...

Ordonné prêtre en 1957, il fut nommé au Collège de l'Assomption. Peu importe les fonctions qu'il a exercées alors, il était d'abord et avant tout un éducateur présent et à l'écoute des jeunes qui lui étaient confiés. Puis vint, en 1963, la fondation du camp du Collège de l'Assomption au Lac Désert. Denis déploya alors ses talents de bâtisseur et d'organisateur pour l'aménagement et le financement de ce camp. Il sut s'enourer d'éducateurs chevronnés, mettre sur pied une équipe de moniteurs dynamiques et dévoués, et faire de cette base de plein air non pas un simple lieu de loisirs, mais un milieu éducatif valorisant et chaleureux où il faisait bon vivre.

Il contribua énormément à resserrer les liens entre les Anciens et le Collège: les Conventum, l'Amicale, le Bulletin et autres événements. Il joua un rôle prépondérant dans l'organisation des fêtes du 150e anniversaire du Collège. Quand Denis voyait des gens partager un bon repas, converser joyeusement et être heureux d'être ensemble, son visage rayonnait la joie et la satisfaction.

Merci mon ami, mon frère
par Gérald et Michelle Labrosse

Depuis plus de 30 ans, nous nous sommes apprivoisés les uns les autres. Le 31 mars dernier, tu es parti. Nous savons combien tu étais précieux pour nous.

Nous avons partagé avec toi nos peines et nos joies. Que d'espoirs et de projets ont alimentés nos rencontres autour d'une bonne table. Combien stimulante était ton écoute attentive, pratique et intelligente. Lors de remises en question, tu nous as donné un appui moral d'une générosité sans limite.

Nous manquons ta présence rassurante, discrète, respectueuse.

Nous réalisons que notre condition humaine est limités, mais en même temps, nous avons la certitude que l'amitié est l'une des choses les plus précieuses. Tu nous l'as fait vivre.

Denis, tu as été et tu demeures pour nous, un ami, un frère.

Plus tôt que ce matin-là
par Henri Chalifoux (128e cours)

Sept heures du matin, un réveil sonne, le plancher craque, un homme se lève, plus tôt que tous les autres. On entend son pas dans le corridor du deuxième étage. En maillot de bain, une serviette autour du cou, "so fast" il déambule dans le frimas du dernier jour, du dernier camp de l'été. Plus du geste que de la voix, il réveille le premier moniteur: "Claude, c'est l'heure!"

Il revient vers le camp, démarre son auto, ouvre la radio. Aux nouvelles du matin, les Alouettes ont gagné et sur le terrain, les campeurs se sont levés. Tout est OK. Le signal est donné, la Pontiac bleue peut s'engager sur la côte et la descendre jusqu'au lac Désert. La brume à peine s'est levée et sur le quai, d'un geste de la tête et des bras, un homme se jette à l'eau glacée. De sa serviette, il se peigne les cheveux et s'essuie les pieds. Il prend le temps de saluer Mme Després. Il est prêt, les campeurs peuvent arriver.

Les campeurs se sont baignés, il faut maintenant monter les quais. Des bras, des reins, il mène le combat de tout cet équipage aux cris d'enfants contre ces quais qui résistent de tout le poids de l'eau amassée pendant tout un été. De sa voix aux accents d'une nervosité qu,il ne veut pas s'avouer, il scande la corvée. Les quais finissent par céder et prennent leur quartier d'hiver; le bord de l'eau est fermé, la Pontiac bleue peut remonter.

Le baigneur a revêtu son aube, la cloche sonne et convie les campeurs au repas du Seigneur. Avec le pain, avec le vin, avec les mots de tous les jours, un prêtre célèbre l'Eucharistie du quotidien: celle d'avant le déjeuner. L'Eucharistie terminée, il salue Mme Laberge et vient manger au milieu de tout un monde d'enfants rieurs.

Le repas achevé, les deux mains dans cette eau de vaisselle trop bouillante, le prêtre est de corvée comme cet Autre qui un jour avait lavé les pieds. "Je suis venu pour servir et non pour être servi", avait-il dit. Sur les trace de l'impétueux saint Pierre, ces paroles, il lui fallait plus que les méditer.

L'autobus est arrivé, il salue le chauffeur, l'invite à prendre un café. Premier de la chaîne pour m onter les bagages, il supervise le départ. Un dernier rassemblement, une dernière prière, un Notre Père ou quelque chose d'équivalent, avec nous le pasteur veut dire merci pour le soleil et pour la vie, pour ses enfants et pour le bon temps. Avec tous les autres il a serré les mains, l'autobus est parti mais son été n'était pas fini.

Il faut encore démonter les tentes, empiler les planchers, aller chercher la pompe, couper l'eau, vider les tuyaux; à force de sueur il dirige le labeur. Les travaux terminés, il prépare le dîner de sa "gang" de moniteurs et organise déjà pour eux un Wildwood aux plages ensoleillées. Il presse tout le monde d'empiler armes et bagages, un dernier tour du village pour payer comptes et factures et la Pontiac bleue npeut compléter le dernier voyage de la dernière journée... du dernier camp de l'été.

Plus tôt que le dernier matin du dernier camp, plus tôt que ce matin-là, plus tôt que le tout premier matin de l'été, dans les ulcères des nuits d'octobre, au petit jour des lendemains de tombola, de parties de cartes, de tirages ou de vins et fromages... c'est là que ta journée avait commencé à préparer tout un été pour les enfants de ton camp, ces enfants dont nous avons été.

Merci, Denis, salut Tiri!


Tous droits réservés 2003-2014
L'Association des anciens et des anciennes du Collège de l'Assomption
L'Assomption, Québec, Canada