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Les premières Amicales

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Le Collège a vraiment une âme de traditions. Le temps ne semble pas avoir un souffle assez puissant pour éteindre ses feux de joie. Depuis 1922, à l'aurore de l'été, il appelle ses Anciens. Ces derniers en répondant à l'invitation ont l'impression d'accomplir un rite.

Le président et les deux vice-présidents de l'Association des Anciens entrant au parterre du Collège.

[Tiré du Rapport des fêtes, 1ère réunion annuelle, 30 mai 1922, p. 34].

De gauche à droite:
Hon. juge Amédée Monet,
chanoine J.-A. Nap. Morin
et F.-X.-P. Goyette, M.D.

Nous lisons dans Le Devoir du 31 mai 1922: les Anciens de l'Assomption se sont réunis, pour la première fois, hier, dans le vieux collège. Ils étaient près de huit cents... Les Assomptionnistes se reconnaissent à deux caractères marqués: la fierté de leur Alma Mater qui les unit dans des liens fraternels, «in amore fraternitatis», comme le dit si bien la devise de l'Association, et l'attachement au sol même du vieux collège presque centenaire. Le supérieur rappelait hier que les fondateurs désignaient du nom de Thébalde la plaine où s'élevèrent les quelques rangs de pierres des champs qui formèrent le mur du premier collège.

La fête d'hier a commencé, pour ainsi dire, à Montréal. Le défilé des automobilistes est parti du presbytère de Maisonneuve où M. le curé Contant a invité les anciens à chanter dans son église le cantique que l'on chantait avec tant de ferveur au Collège, le matin des grands congés: «Donne, donne-nous un beau jour».

À l'Assomption, plus de cent automobiles cornent et pétaradent autour de la gare... Près du collège, les congressistes mettent pied à terre et pénètrent, autant que possible, par ordre de cours, dans le grand parc d'entrée...

La cloche sonne, c'est l'appel pour le dîner par ordre d'ancienneté. Le 14e et le 15e cours (1847 et 1848) ont chacun un représentant: les notaires Baudoin et Archambault; on applaudit les deux alertes vieillards qui montent les degrés de l'escalier sans aide.

Le notaire Philippe Beaudoin, 15e cours.
L'un des plus anciens élèves du Collège
présent à la fondation de l'Amicale.

L'année suivante, c'est au Bois que la féte se déroule. Les Latins l'appelleraient Nemus, bois d'agrément ou consacré à quelque divinité, ce qui serait juste, puisque des générations d'écoliers y sont allés régulièrement jouir de tous les plaisirs d'un grand congé et d'un pique-nique, à l'ombre de l'orme et des érables.

L'Amicale de 1923
au Bois des écoliers.

L'heure des démonstrations officielles est venue et l'on se groupe au centre du bocage. Là, du haut des rostres que forment une souche et deux vieilles boîtes, les orateurs se succèdent pour présenter des discours fort appréciés.

Cependant du fond du bois, arrivaient aux orateurs et aux auditeurs des arômes engageantes, attirantes. Le menu se composait du:

Plat de résistance: la Grosse Crêpe
Dessert: fèves au lard
Fruits:oranges, bananes
Breuvage: liqueurs douces

Dans l'après-midi, les jeux d'autrefois s'organisent. Deux équipes prennent position sur le terrain de jeux. Immense et attentive est la couronne des spectateurs. Les courses commencent pour les concurrents quels que soient le poids et l'âge... L'heure du départ sonne trop tôt.

En 1930, le point central de la fête fut la bénédiction d'une pierre souvenir au millésime de 1930 pour faire pendant, dans la construction nouvelle, à celle de 1832. M. le chanoine Mousseau, délégué de monseigneur Gauthier, en fit la bénédiction. Ces deux pierres rappelleront aux générations futures, l'une, le grain de sénevé, l'autre, l'épanouissement d'un grand arbre aux ramures puissantes et fécondes.

Les années passent et la tradition de cette rencontre s'établit en trois étapes: l'arrivée et le salut au Seigneur, le banquet et sa couronne de discours, un temps libre dont l'emploi est variable.

Après les poignées de mains et les quelques instants de la jeunesse retrouvée, c'est l'agenouillement dans les mêmes bancs de la chapelle. Le Saint Sacrement est exposé et la chorale des élèves chante quatre morceaux au Roi des Siècles, à Marie, à Saint Joseph et au Saint Sacrement avec le Tantum Ergo.

L'appel sonne et c'est l'entrée au réfectoire selon le rite habituel: table d'honneur, puis classe par classe. Outre qu'il permet à tous de constater les présences, il a la particularité de faire ressortir la vitalité de chaque cours.

Le repas commence dans le brouhaha joyeux que tous connaissent. La fête bat son plein lorsque la cloche sonne pour le dernier acte. Le groupe s'achemine alors vers la Salle académique.

Les cours claironnent une joyeuse entrée. Puis c'est la bienvenue des jeunes, le message du président des Anciens et le mot de la fin par monsieur le supérieur. Plus tard, la période des discours se poursuivra au réfectoire après le repas.

Les dernières années, les discours ont été écourtés. Mais l'enthousiasme durant le repas reflétait la joie de se revoir. L'on se quittait sur le souhait qui se redit encore «À l'an prochain».

Conclusion

Les premières années qui ont suivi la fondation du Collège, furent témoins des traditions qui se sont implantées dans la vie de la communauté. Ces traditions agrémentaient, à chaque année, de mois en mois, la vie des élèves au Collège.

Des souvenirs personnels en sont témoins.

À cause des changements survenus dans l'éducation au début des années '60, presque tout cet héritage est disparu. Il ne demeure que le conventum de chaque cours et l'Amicale qui regroupe, chaque année, les Anciens heureux de se rencontrer.

Source: Boulet, Fernand
«Traditions du Collège de l'Assomption au cours de ses 150 ans d'existence; 1832-1833/1982-1983»

Édité par Réjean Olivier, Édition privée, Joliette, 1983
Pages 83 à 87


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