André Rivest

122e cours

Profession: Évêque de Chicoutimi

Laurier: Laurier d'or 2005

Description:

Le vendredi 27 août 2004, quelque « 122 » amis et amies de Mgr André Rivest se sont réunis au Collège pour des retrouvailles amicales et célébrer la nomination de cet ancien qui fait honneur à son Collège.

Des confrères du 122e cours, d’anciens professeurs et collègues de travail du Collège, plusieurs anciens moniteurs et anciennes monitrices du défunt Camp du Collège se sont relayés pour échanger avec les participants quelques anecdotes et souvenirs dans un esprit de franche amitié et d’humour de bon aloi, sans oublier des passages plus sérieux mais tout aussi véridiques… S’étaient joints aussi à la fête les soeurs d’André ainsi que des représentants de la famille Turcot et plusieurs autres amis et amies.

Les participants à cette soirée en ont profité pour « étrenner » le nouveau préau où a été récemment réalisé un aménagement paysager professionnel. De toute beauté!…

Les membres du comité organisateur avaient mis tout en oeuvre pour faire de cette soirée une réussite, grandement épaulés en cela par la direction du Collège.

Salut et félicitations, André!

Merci à la direction du Collège, merci à toutes les personnes qui ont mis la main à la pâte pour l’organisation et merci à toutes les personnes qui ont répondu « oui » à l’invitation, même si nous étions encore en plein été!…


Cérémonie d’intronisation, Cathédrale de Chicoutimi, le vendredi 17 septembre 2004:
Site Web du Diocèse de Chicoutimi: www.evechedechicoutimi.qc.ca/

Homélie de Mgr Rivest

Inauguration du ministère pastoral de Mgr André Rivest
Nouvel Évêque du Diocèse de Chicoutimi

Vendredi, 17 septembre 2004, 20h, à la Cathédrale

Ez 47,1-2.8-9
1P 4,8-12
Mt 5,1-12

Dernièrement, je partageais avec des gens mes sentiments personnels suite à ma nomination par le Saint-Père, comme évêque titulaire du diocèse de Chicoutimi. Je leur disais: « Dieu, y’est drôle!» Au moment d’être ordonné prêtre, je lui ai offert toute ma vie au service de l’Église. Mais je lui exprimais aussi le souhait de n’avoir qu’une place humble, sans éclat, sans prestige: je voulais un rôle plutôt discret…

Et me voilà évêque du diocèse de Chicoutimi!

Dieu est drôle! J’ai presque le goût d’ajouter: «Y fait donc simpe!»

Dieu ne cesse d’être étonnant: depuis Abraham, il ne cesse d’étonner, de surprendre: «Va, dit-il à cet humble berger, quitte ton pays et va vers le pays que je t’indiquerai.»

Plusieurs siècles plus tard, quel étonnement ce sera pour Marie quand l’archange Gabriel lui annonce qu’elle sera la mère du Sauveur du monde. Et quel étonnement quand son enfant, le fils de Dieu, naîtra dans la plus grande pauvreté et qu’il mourra sur la croix du Calvaire… Quel étonnement, quand nous comprendrons à la suite des témoins du matin de Pâques, que du corps brisé de Jésus en croix a jailli la vie…

I- Longtemps avant Jésus, le prophète Ezéchiel nous parle, dans un langage symbolique, de l’eau qui émerge du Temple: «En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent.» L’eau, c’est connu, est le symbole de la vie.

Pour l’Ancien Testament, le Temple d’où jaillit le torrent, c’est le lieu de la présence de Dieu. Dieu est la source de la vie.

Dans le Nouveau Testament, le Temple de Dieu c’est le Christ. «Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai,» annonce Jésus. Selon l’expression des Pères de l’Église: «De son côté transpercé, couleront des fleuves d’eau vive.»

Vous vous souvenez peut-être qu’au moment d’entrer dans le IIIe millénaire, le Pape Jean-Paul II invitait les baptisés à «REPARTIR du Christ» pour se lancer dans la nouvelle évangélisation de notre culture. Il nous appartient d’annoncer Jésus-Christ dans la culture actuelle au Québec et de le proposer aux gens d’ici comme la source jaillissant en vie éternelle. C’est là l’essentiel de notre mission de baptisés. Aujourd’hui comme hier, l’Évangile a le pouvoir de nous étonner en éclairant d’une lumière nouvelle les réalités de nos vies individuelles et collectives, même les plus obscures.

II- Quelle lumière nouvelle nous apporte l’Évangile des Béatitudes qui vient d’être proclamé?

La foule rassemblée sur la montagne près du grand lac de Galilée boit littéralement les paroles de Jésus. Pour ces gens, les paroles de Jésus sont comme une eau rafraîchissante qui étanche leurs soifs. Ces hommes et ces femmes assis à flanc de montagne, là devant Jésus, sont écrasés et ils courbent le dos sous le joug imposé par l’envahisseur romain. La foule a soif de liberté; son avenir semble bouché. Elle a soif d’espérance.

Jésus les impressionne, il les réjouit. Son discours apporte du neuf. Le langage qu’ils connaissent est celui de la Loi de Moïse. Mais, voilà: ce langage, pourtant nécessaire, a été vidé de son sens par les chefs religieux. Il ne reste plus rien d’autre que les contraintes ou les interdits. Les rites proposés à la synagogue sont sans signification: ils ne disent plus rien…

La voix de Jésus s’élève au-dessus de murmure de la foule:
«Heureux les pauvres de coeur: le Royaume des cieux et à eux!
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice: ils seront rassasiés!
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice: le Royaume des cieux est à eux!…»

Il y a quelque chose de neuf dans ce langage: le bonheur est accessible, même derrière des obstacles apparemment infranchissables. Un peu plus loin, Jésus leur permettra de découvrir que le bonheur passe nécessairement par le chemin «obligé» de l’amour. Jésus fait passer les gens du régime de la Loi marqué par des contraintes et des interdits sans signification, au régime des Béatitudes marqué par la loi de l’amour. Cette loi nouvelle ouvre la porte à une grande liberté intérieure face aux exigences du quotidien: elle fait entrer la vie dans les coeurs emprisonnés…

Il est sûrement plus exigeant de vivre en régime des Béatitudes parce que la vraie liberté appelle au dépassement de soi jusqu’au don de soi. C’est exigeant de s’oublier et de faire passer l’autre avant soi. Jésus lui-même se propose comme le modèle à imiter: « Ma vie, nul ne me la prend, c’est moi qui la donne…  Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.»

Je crois profondément que derrière toute souffrance ou défaite ou contrainte, se cache une béatitude, un bonheur possible pour celui ou celle qui choisit de les assumer en communion d’amour avec le Christ. J’ai souvent dit et je le redis particulièrement pour vous qui nous accompagnez de chez vous par le truchement de la télévision et qui portez difficilement une souffrance: « Une souffrance offerte par amour, en union avec celles du Christ, n’est jamais une souffrance perdue. Elle est toujours porteuse d’espérance. » L’amour rend libre; il ouvre au bonheur, même limité.

III- Dans la 2e Lecture, l’apôtre Pierre nous invite d’abord à avoir entre nous une charité intense. Dans une Église qui cherche à être de mieux en mieux une Église-communion, c’est évidemment cette charité qui nous permet de nous présenter devant le monde comme d’authentiques témoins de l’Évangile: «Voyez comme ils s’aiment» disait-on avec admiration des premiers chrétiens. Elle nous permet également de bâtir la solidarité et l’harmonie entre nous.

Dans un deuxième temps, l’apôtre Pierre nous invite à «mettre au service des autres» ce que chacun, chacune a reçu comme « don de la grâce » sous des formes diversifiées c’est-à-dire celles qui correspondent à nos missions individuelles.

Un rêve m’habite depuis longtemps et cette Parole de Dieu me permet de vous le partager. Le rêve que toutes les personnes engagées au service des communautés soient heureuses et épanouies, qu’elles soient ministres ordonnés ou non, agents, agentes laïques mandatés ou non, personnes de vie consacrée ou mariées ou célibataires, salariées ou bénévoles, adolescents, adolescentes, jeunes adultes, adultes ou aînées.

Je ne crois pas que mon rêve soit utopique: je le sais difficile à réaliser sous les pressions et les tensions du quotidien, mais réaliste.

«Tous les ministères, quels qu’ils soient, n’existent et ne sont exercés que pour un seul intérêt: être au service de la mission de l’Église», lit-on dans un fascicule produit par le Comité des ministères de l’AEQ, en 1999, et intitulé « Au service de la mission: des ministères variés et solidaires. » À mon point de vue, c’est un ouvrage très précieux et éclairant.

Il y a un grand défi pour nos églises locales à donner à chaque baptisé sa véritable place dans l’exercice de la mission de l’Église. Et il apparaît de plus en plus évident que l’harmonie et la solidarité entre les divers ministères passe par la clarification des identités de chacun.

Les ministères ne sont pas interchangeables, sinon c’est la perte de sens qui s’ensuit et laconfusion. Et on sait bien que de la confusion naissent les dissensions. C’est comme dans un couple: pour qu’il y ait communion il ne faut pas qu’il y ait perte d’identité, encore moins fusion des identités.

On ne peut définir les différents ministères uniquement à partir des tâches, c’est-à-dire à partir du «faire». C’est à partir de leur signification propre, qu’il est possible de les articuler et de les exercer de manière solidaire.

Partager mon rêve, que tous les intervenants et intervenantes en pastorale soient heureux et heureuses, c’est m’engager à mettre maintenant toutes mes énergies, mes ressources et ma prière pour qu’il en soit ainsi dans l’Église de Chicoutimi qui est au Saguenay-Lac-St-Jean.

Conclusion
Chers diocésains et diocésaines, jusqu’à maintenant j’ai essayé, avec la grâce de Dieu, d’être le meilleur montréalais possible avec les gens du diocèse de Montréal, je m’engage maintenant à me donner à 100% comme pasteur du diocèse de Chicoutimi et être le meilleur chicoutimien possible avec vous tous et toutes du Saguenay-Lac-St-Jean.

Que Dieu me vienne en aide! Je compte sur votre prière.

+ André Rivest
Évêque de Chicoutimi

(Source: site Web du diocèse de Chicoutimi)

Frère de Marcel Rivest du 127e cours et de Jean-Pierre Rivest du 121e cours.

Oncle de Marie-Josée Rivest du 148e cours, de Martin Rivest du 150e cours, de Chantal Bonenfant (148e ) et de Stéphane Bonenfant (151e).

Kevin Lafortune (178e) (fils de Chantal Bonenfant).

Jean-Félix Berthiaume du 180e cours et de Raphaël Berthiaume du 182e cours, fils de Marie-Josée Rivest du 148e cours.

Dernière mise à jour: 2019/11/26